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Elena Vogman: La danse des valeurs

Elena Vogman

La danse des valeurs
Sergueï Eisenstein et le Capital de Marx

Übersetzt von Thomas Vercruysse

Mit einem Vorwort von Georges Didi-Huberman

Broschur, 288 Seiten

Erscheint am 17.03.2021

Une théorisation visuelle de la valeur

Le Capital de Sergueï Eisenstein (1927-1928) est un fantôme à plus d’un titre: bien que le film n’ait jamais été réalisé, il a néanmoins hanté l'imagination de nombreux cinéastes, historiens et écrivains jusqu’à aujourd’hui et même récemment avec les Nouvelles de l’Antiquité idéologique : Marx – Eisenstein – Le Capital d’Alexander Kluge. De plus, sa première matérialisation publique – un fragment d’une dizaine de pages issu des carnets du réalisateur – était marquée par ce qui demeurait absent : les images et le matériau de travail d’Eisenstein.

La Danse des valeurs ambitionne d’invoquer à nouveaux frais le fantôme du Capital mais en se fondant cette fois-ci sur l’ensemble de son corps d’archives. Cette « instruction visuelle à la méthode dialectique », selon les mots-mêmes d’Eisenstein, comprend plus de 500 pages de notes, de dessins, de coupures de presse, de diagrammes d’expression, de plans d’articles, de négatifs d’Octobre, de réflexions théoriques et de longues citations. La Danse des valeurs ​​explore la nécessité formelle qui sous-tend les choix d’Eisenstein dans le Capital. Sa lecture fait valoir que sa complexité visuelle ainsi que son efficacité épistémique résident précisément dans l’état de son matériau : une danse de thèmes hétérogènes et de fragments disparates, un flux non-linéaire, provisoire et inarticulé.

Les séquences visuelles d’archives, publiées ici pour la première fois en France, ne sont pas bâties à titre de simples illustrations, mais en tant qu’arguments à part entière, donnant à voir ce qui se joue pour Eisenstein dans le Capital : une théorisation visuelle de la valeur. Une lecture des archives d’Eisenstein, dans leur logique interne, permet non seulement de reconstituer des éléments morphologiques présents dans le concept de valeur chez Marx, mais également de théoriser une crise plus fondamentale de la représentation politique, un présent qui s’étend de son contexte contemporain jusqu’à nos jours. Mettant en œuvre un procédé morphologique sans équivoque, les séquences de montage d’Eisenstein produisent une sorte de plus-value qui leur est propre, un excès sémiotique qui brasse les matériaux et présente les corps dans une danse analogue à la « danse » des « conditions pétrifiées » de Marx. C’est dans ce langage polymorphe et « diffus » – associé au stream of consciousness de l’Ulysse de Joyce – qu’Eisenstein perçoit le potentiel critique et affectif d’un cinéma à venir.

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Elena Vogman

Elena Vogman

ist Autorin, Literatur- und Medienwissenschaftlerin und Kuratorin. Sie promovierte in 2016 über »Sinnliches Denken. Eisensteins exzentrische Methode« und war seitdem Postdoc im Forschungsprojekt »Rhythmus und Projektion« an der Freien Universität sowie Fellow am IKKM an der Universität Weimar. Sie lehrt Geschichte und Theorie der Medien an der Kunsthochschule Berlin Weißensee und arbeitet an einem Forschungsprojekt zu »Madness, Media, Milieus. Reconfiguring the Humanities in Postwar Europe«. Im Fokus ihrer Forschung stehen Formen des visuellen Denkens, Anthropologien des Rhythmus, Montagepraxis sowie Medien und Milieus in der Praxis der Institutionellen Psychotherapie. Gemeinsam mit Marie Rebecchi und Till Gathmann kuratierte sie die Ausstellung »Sergei Eisenstein: The Anthropology of Rhythm« bei Nomas Foundation in Rom.

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